François Michel Durazzo au festival Arte Mare

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Message  Nimu le Dim 18 Mai - 22:09

Bonsoir,

Une information : notre ami et concitoyen François Michel Durazzo sera au festival Arte Mare à Bastia les 22,23 et 24 mai.
En voici le programme :

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Nimu
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François Michel Durazzo au festival Arte Mare Empty Merci

Message  François Durazzo le Lun 19 Mai - 8:12

Bonjour Nimu,
Merci de cette information. Savelli est en effet l'un des plus grands poètes en langue latine du XVIIIe siècle et il était urgent de faire connaître la version originale de ce poème mal connu.
J'ajoute à destination des curieux que le festival "Histoires en mai" est dirigée par une Sartenaise, la très active Michèle Corroti, la fille du pauvre Jean-Paul, qui est professeur de lettres classiques à Bastia et spécialisée dans l'enseignement de l'option cinéma.
Bonne journée à tous,
François

François Durazzo

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François Michel Durazzo au festival Arte Mare Empty L'EDITION EVENEMENT

Message  nicurosu le Sam 31 Mai - 20:44

Visiteuses, visiteurs, bonsoir.

"L'Edition événement d'un des chefs d'oeuvre de la littérature corse du XVIIIe siècle", c'est en ces termes que les Editions ALBIANA présentent:

"
Vir Nemoris
Circinellu ou l'homme du bois sacré

Un vibrant chant d'exil et un monument littéraire écrit pour un compagnon frère d'armes. Un chef d'oeuvre du 18ème siècle.

Le Vir Nemoris, poème épique de Giuseppe Ottaviano Nobili-Savelli (1742 - 1807), doit sa survie à la collaboration entre un Bastiais, Salvatore Viale, et un Dalmate, Niccolò Tommaseo, qui le considérait comme "l'un des poèmes latins les plus remarquables qu'aient connus les lettres du siècle d'argent de la langue romaine jusqu'alors".

Il le publia à Florence en 1846 dans les Lettere di Pasquale de' Paoli, en effectuant cependant des coupes sombres dans le manuscrit original, par ailleurs profondément remanié. Trois traductions italiennes de cette édition, entachées d'arrière-pensées irrédentistes, virent le jour dans les années trente.

Grâce aux manuscrits communiqués par Marco Cini et Jacques Thiers, François-Michel Durazzo nous livre donc pour la première fois le texte intégral de Vir Nemoris, accompagné d'un appareil critique et d'une traduction qui sont un premier jalon dans la découverte de cette oeuvre injustement méconnue.

Le Centre Salvatore-Viale peut donc exprimer une certaine fierté puisqu'il s'agit de redonner à Giuseppe Ottaviano Nobili-Savelli - l'un des premiers étudiants de l'université de Corse, imprégné de culture latine, génial traducteur d'Horace, poète subtil, ami d'Alfieri - la place qui lui est due dans l'histoire de la littérature corse.

Dans ce vibrant chant d'exil qu'est le Vir Nemoris, l'auteur élève un monument littéraire à son ami compagnon d'armes, Domenico Leca, le curé de Guagno, plus tard retrouvé mort dans une grotte du Fium' Orbo, ayant, selon la légende un crucifix dans une main et un poignard dans l'autre.

Le siècle de Viale fera de Circinellu la figure mythique de l'insoumis et du "martyr de la liberté".

François Beretti - Président du Centre d'études Salvatore-Viale
Giuseppe Ottaviano Nobli-Savelli

Circinellu ou L'homme du bois sacré

texte établi, traduit, annoté et présenté par François-Michel Durazzo,

précédé de

"La faible voix des 'vaincus'" : le Vir Nemoris de Giuseppe Ottaviano Nobili-Savelli" par Marco Cini

Albiana, 2008
200 pages
Format : 15 x 20.7 cm - 15,10 € TTC
"

nicurosu

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François Michel Durazzo au festival Arte Mare Empty Deux pages du manuscrit de Nobili-Savelli

Message  François Durazzo le Sam 31 Mai - 21:10

François Michel Durazzo au festival Arte Mare I_6-710

François Durazzo

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François Michel Durazzo au festival Arte Mare Empty Et voici la traduction de ce passage. Circinellu parle et s'adresse à la Corse

Message  François Durazzo le Sam 31 Mai - 21:34

Regarde-toi toi-même ainsi que tes triomphes, en répétant les exemples des tiens, il sera bon de rappeler leur courage pour de meilleurs exploits. Si l’on s’occupait un jour de raconter les annales et l’histoire de nos anciens, on verrait que chaque fois qu’hélas elle s’est trouvée chargée de fers indignes et abaissée sous le joug, ta nation, si souvent abaissée, retombant si souvent, a relevé la tête, s’est élevée, immense, répondant à la guerre par la guerre, et a puisé, encore grandie par son destin, de nouvelles forces dans le sang versé ! De même l’éternel Phénix doit voir brûler sur un bûcher ses membres odorants épuisés par le grand âge, pour chaque fois renaître de ses cendres à une nouvelle vie après la mort. Ce n’est pas autrement que tes enfants et les enfants de tes enfants, anéantis par les destins et poussés par l’incertitude des choses, luttant de leurs seules forces pourtant si dépourvues de tout, ignorants des moyens guerriers, avec pour seul guide la nature du sang de leurs aïeux, ont mené des années durant, sans chef, une guerre incertaine contre les Génois qui leur prenaient tout. Ainsi, et bien que, sous l’aile protectrice de l’impudent et inconstant Français et jadis celle de l’Aigle impérial , – y a-t-il tant de colère dans le cœur des rois contre les innocents ? –, Gênes ait tant de fois baigné de la rosée sanglante des siens notre terre arrachée par la ruse et gouvernée tyranniquement, elle a aujourd’hui honte d’avoir déserté celle qu’elle a abominablement saignée . Garde espoir, tu te relèveras, et vous, dieux indigètes de la Patrie, soutenez ses entreprises en vous montrant favorables, car cela ne se fera pas sans la volonté des cieux. Toujours est-il qu'il y a plus de deux ans – car je vais à présent révéler et remuer des secrets qui remontent loin –, l’anéantissement était imminent et les Français noyaient dans le sang les terres de nos pères, partout, sur une vaste étendue. Alors qu’épuisé j’étais couché en pleine nuit, écrasé par un profond sommeil, très semblable à la douce mort, voici que, réveillé, – car je ne faisais pas de vains songes – je vois venir à moi la brillante Astrée au milieu d’obscures ténèbres, tête nue, les cheveux en désordre et négligés, lançant des regards enflammés, ses joues tremblant sous les larmes qu’elle avait versées. Son châle avait glissé de ses épaules et entourait encore sa taille, tombant sur ses pieds comme un long péplum. Elle n’avait pas de balance à la main ni de bandeau sur les yeux , mais elle tenait fermement une épée serrée dans sa main gauche. À sa droite – hélas mon sang se fige et, glacé, reflue dans mes veines – se tenait la Liberté, à peine reconnaissable à son sceptre brisé. Bien sûr, l’antique représentation de son visage avait perdu toute sa beauté, ses traits n’ont plus aucun éclat et son vêtement blanc déchiré est rougi par le sang. Déjà ses tempes, sur lesquelles retombent ses cheveux épars, se raidissent sous d’épais caillots, déjà le sang de mes concitoyens baigne ses joues citoyennes toutes trempées de sueur, et de larmes. Ses yeux hagards se voilent, obscurcis par l’agonie qui l’accable et la sinistre couleur de la mort masque ses traits. Ayant tenté en vain de parler, sa voix rauque, s’engourdissant, se fige dans sa bouche sèche et c’est ainsi que, presque épuisée, elle saisit toute tremblante les genoux et la toge de la déesse, puis se raidit. Celle-ci prenant, contre son sein la moribonde, tentait de la réconforter en l’embrassant et insufflait son âme affligée dans la poitrine haletante de celle-là.
À peine étais-je tiré de ce songe – à moins que la déesse n’ait instillé dans mes veines un paisible repos – qu’aussitôt mon cœur s’épanche ainsi : « Pourquoi, déesse, pourquoi me tourmentes-tu, malheureux que je suis, avec une si terrible vision ? Es-tu vraiment redescendue du ciel ? Toi, Thémis protectrice, reviens-tu ainsi visiter la Terre indignement affligée, en son âge le plus sombre ? Âge où la violence, la tromperie et une génération de géants hostile aux immortels semblent se déchaîner pour la deuxième fois ? Pourquoi es-tu donc descendue jusqu’à notre séjour ? La Liberté bienfaisante gît, affligée, pourquoi ? Cela apaise-t-il les immortels ? L’Olympe a-t-il pitié de nous ? Allons, parle, déesse, je t’en prie, si vraiment l’avis des dieux ne t’est pas inconnu. Satisfais à présent mon esprit avide de savoir. » Elle secoue sa chevelure, furieuse, et s’emportant, elle fait tournoyer son épée toute rouge avant de proférer ces mots, courroucée : « Le crime ne prospèrera pas longtemps impunément. La fureur de Jupiter est une colère tardive. Un jour, indignée, Astrée s’est retirée du monde, mais elle règne du haut de l’Olympe...

François Durazzo

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